Son origine

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D'où vient le gazon en plaques québécois?

Au Québec, les espèces de gazon utilisées proviennent principalement d’Europe. Le pâturin du Kentucky, la fétuque et l’ivraie vivace les principales graminées composant les pelouses ont été introduits par les colons européens. Ces plantes étaient bien adaptées aux climats tempérés et aux terrains ouverts créés par le défrichement.
 
Le pâturin du Kentucky (Poa pratensis), aussi appelé pâturin des prés, n’est pas originaire du Kentucky, ni même de l’Amérique du Nord. Cette graminée provient principalement d’Europe et d’Asie tempérée. Une partie de ses origines est aussi attribuée à l’Afrique du Nord. Elle poussait naturellement dans les prairies, pâturages et clairières de ces régions depuis des milliers d’années. Quant au nom « Kentucky bluegrass » il vient plutôt de la région du Kentucky, aux États-Unis, où cette herbe est devenue particulièrement abondante et emblématique au 18e siècle. Lorsque la plante monte en graines, ses panicules prennent une légère teinte bleutée, d’où le terme « bluegrass ».
 
Le pâturin du Kentucky est devenu très populaire pour les pelouses parce qu’il produit un gazon dense, résistant et capable de se régénérer grâce à ses rhizomes souterrains. Il tolère bien le piétinement, le froid et les tontes répétées, ce qui explique son succès dans les terrains résidentiels, les parcs, les terrains de sport et les golfs.

La pelouse

La pelouse

La pelouse telle qu’on la connaît aujourd’hui n’est pas une tradition ancestrale québécoise. Son origine remonte plutôt à l’Europe aristocratique des 17e et 18e siècles. Les grandes propriétés de France et d’Angleterre aménageaient alors des surfaces gazonnées uniformes autour des châteaux et manoirs afin de démontrer richesse et prestige. Entretenir un gazon court demandait énormément de travail manuel ou l’utilisation d’animaux de pâturage; seules les élites pouvaient se permettre ce luxe. Selon Claude Lavoie, dans Pissenlit contre pelouse, la pelouse devient ainsi un symbole social avant même d’être un aménagement paysager.

Au 19e siècle, cette mode traverse l’Atlantique. Les grandes demeures bourgeoises nord-américaines adoptent alors les pelouses inspirées des jardins européens. Toutefois, ce n’est véritablement qu’après la Seconde Guerre mondiale que la pelouse explose au Québec et ailleurs en Amérique du Nord.

L’essor des pelouses au Québec est étroitement lié au développement de l’horticulture ornementale et de l’urbanisation après les années 1950, et les producteurs de gazon ont joué un rôle majeur dans cette transformation. En rendant accessible du gazon cultivé prêt à installer, ils ont contribué à démocratiser la pelouse résidentielle dans les banlieues et dans les nouveaux développements urbains. Le gazon en plaques a notamment permis une implantation rapide des terrains, une meilleure stabilisation des sols et une réduction de l’érosion autour des nouvelles constructions.

Une pelouse mieux adaptée

Aujourd’hui, la perception de la pelouse a évolué. Les enjeux environnementaux, la protection des pollinisateurs et les changements climatiques amènent plusieurs citoyens et municipalités à remettre en question la domination du gazon traditionnel. Des mouvements comme le Défi pissenlits ou le « No Mow May » encouragent une gestion plus écologique des espaces verts. Ainsi, la pelouse demeure très présente dans le paysage québécois, mais le rôle des producteurs dépasse largement l’aspect esthétique. Depuis plusieurs années, le secteur du gazon évolue vers des pratiques plus durables et plus scientifiques. Des organisations comme Québec Vert, en collaboration avec les producteurs, des agronomes et des chercheurs universitaires, participent à la diffusion de meilleures pratiques en entretien écologique des pelouses. Cela inclut notamment :

Les producteurs québécois doivent aussi s’adapter rapidement aux changements climatiques. Plusieurs travaillent désormais sur des mélanges nécessitant moins d’eau et moins d’intrants, tout en conservant une bonne résistance aux stress climatiques et au piétinement. On observe également un intérêt croissant pour les pelouses dites « écologiques », intégrant par exemple un mélange de différentes graminées ou du microtrèfle ou des espèces nécessitant moins de tonte et de fertilisation.

Tourbe ou gazon en plaques?

Parfois, le mot tourbe est utilisé pour désigner le gazon en plaques, mais cette utilisation est plutôt erronée. En fait, la tourbe est une matière organique issue de l’accumulation et de la décomposition incomplète de végétaux dans les tourbières, sous des conditions saturées en eau et pauvres en oxygène, sur une très longue période de temps. Elle est notamment utilisée en horticulture comme composant de substrats de culture. 

La tourbe

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